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DECOUVERTE

Villefranche-sur-mer rend hommage à Jules Rimet, le créateur de la Coupe du Monde.

Le 21 juin 1930, c’est Jules Rimet en transit pour Montevideo. Dans la valise du président de la fédération internationale de football un véritable trésor : la Coupe du Monde !

Malgré l’heure matinale, le soleil est déjà très haut dans le ciel de la Provence. D’ailleurs, c’est aujourd’hui, le jour le plus long de l’année. Assis près de la fenêtre, dans le rapide Paris-Vintimille qui serpente maintenant à travers le massif tourmenté de l’Esterel, et va donc bientôt atteindre Nice, notre voyageur promène son regard sur le bleu intense de la mer tranchant avec le rouge feu des roches, ces minuscules plages de sable blotties aux creux des criques, où il doit faire si bon rêver et se reposer... Mais le moment n’est ni à la méditation ni aux vacances. Ce monsieur distingué, séduisant d’allure, discret, qui descend d’un pas alerte de son wagon-lit en gare de Villetranche-sur-Mer, ce samedi 21 juin 1930, c’est Jules Rimet en transit pour Montevideo.

Dans la valise du président de la fédération internationale de football un véritable trésor : la Coupe du Monde ! Aussi ne confie-t-il à personne ses précieux bagages, pas plus au porteur de service qu’aux membres d’une délégation venus l’accueillir au bout du quai. Réception intime au café du coin. Repas pris à la hâte. Et direction le petit port de la cité azuréenne. "... Vous emportez avec vous un peu de notre orgueil national... " Ce seront les seules paroles que pourra prononcer, du discours qu’il avait préparé, le représentant de la municipalité, car un ballon "égaré sur le front de l’attaque" a interrompu brusquement la "cérémonie". A l’écart, honteux et confus : les internationaux de l’équipe de France. L’auteur de la farce est Numa Andoire, le régional de l’étape, l’intrépide défenseur de l’O.G.C. Nice. Quelque cinquante ans plus tard, et même plus, dans son repaire d’Antibes, le facétieux et regretté Numa nous avait conté cette anecdote: « Nous avions improvisé un petit match et c’est un tir adressé à Alex Thépot, notre gardien de but qui a balayé des mains de l’adjoint au maire le précieux message. Au fond, sans l’avoir fait volontairement, j’ai mis un peu d’ambiance, car la nostalgie avait saisi soudain tous ces footballeurs, parisiens pour la plupart, lorsqu’ils ont entendu au loin résonner la corne de brume annonçant l’arrivée dans la baie de Villefranche du «Conte Verde» un superbe paquebot italien, en provenance de Gênes et dans lequel nous allions embarquer. Et puis disons-le franchement : il y avait de quoi être vexé du peu de curiosité et d’intérêt que suscitait notre expédition. A proximité de l’endroit où la vedette venait nous chercher sur le coup de 16 heures pour appareiller, il me souvient qu’il y avait un pêcheur à la ligne assis sur un cageot d’osier. Il n’a même pas daigné lever la tête. Alors pour donner encore un peu plus d’animation, je l’ai poussé à l’eau. Un dirigeant de la suite de Jules Rimet m’intima, sur le champ, l’ordre de rentrer chez moi, à titre punitif. J’ai fait la sourde oreille. Je suis parti avec les copains. Je savais depuis longtemps qu’il ne pouvait pas souffrir les Méridionaux. Sa femme l’avait fait cocu avec un Marseillais. Il ne s’en était jamais "remis"... Si le départ eut lieu sans apparat, presque dans l’indifférence générale, en présence seulement de quelques dirigeants locaux, de la municipalité et des enfants de la communale voisine, pour Jules Rimet il était l’aboutissement de près d’un quart de siècle d’attente, de démarches, d’efforts, de travail obscur, de déceptions autant que d’espoirs les plus fous. Car la légende des sports rendra toujours cette justice à la France qu’elle fut le berceau où naquit l’idée grâce à laquelle le football est parti à la conquête de l’univers et la patrie des hommes en qui se personnifient d’abord la création de la plus grande des fédérations puis de l’essor sans cesse grandissant que celle-ci a prise à travers le globe.

Cinquante trois ans plus tard, la ville se souvient... En 1983, la ville tient à rappeler le rôle de Jules Rimet dans la grande histoire du football. Une plaque commémorative sera donc inaugurée le 19 février et apposée sur le mur du Port de la Santé, en la présence de Fernand Sastre alors Président de la Fédération Française de Football. Plus qu’un simple symbole, c’est une ville entière qui se souvient !

1998 : Nouveau coup d’envoi... Aujourd’hui à la veille de la dernière Coupe du Monde de ce siècle, Villefranche ne voulait pas manquer ce nouveau rendez-vous historique. Forte de ses souvenirs, de son lien historique avec ce rendez-vous incontournable, Villefranche-sur-Mer, la petite voisine de Nice, crie haut et fort son attachement au Football et rend hommage à son "parrain" : Jules Rimet. La Coupe du Monde est partie de Villefranche en 1930, elle repart de Villefranche en 1998 !

Le 1er juin 1998, la boucle est bouclée ! Cette année, nous avons, en effet, la chance incroyable de recevoir en France la dernière Coupe du Monde de ce 20ème siècle. Bien plus qu’un événement sportif international, c’est tout un symbole de rapprochement entre les pays et d’esprit sportif que la France va véhiculer... Villefranche-sur-Mer, petite cité de la Côte d’Azur, ne voulait pas laisser passer une telle occasion de faire la fête et de rappeler son lien à la première Coupe du Monde de Football. C’est pourquoi elle organisera le seul événement "Coupe du Monde" sur la Côte d’Azur, les 31 mai et 1er juin 1998. Ce projet ambitieux d’offrir aux Azuréens une grande fête du football en l’honneur de Jules Rimet a d’ailleurs reçu l’aval du CFO et de son président M. Fernand Sastre ainsi que celui de très nombreux sponsors officiel de la Coupe (voir annexe).

Les 31 mai et 1er juin, le stade de Villefranche accueillera 384 enfants revêtus aux couleurs des 32 équipes sélectionnées pour la Coupe du Monde.

 

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