Daniel Aubry

La mémoire de la SBM

Sous les combles du divin casino, niche la mémoire de la SBM. L'y rejoindre est, au fil des passages discrets et des escaliers aux marches usées, un va et viens étonnant entre le 20ème et le 19ème siècle. Daniel Aubry a ici rassemblé, trié, classé, inventorié des milliers de documents relatifs à l'histoire de la grande maison. Un geste essentiel, qui est presque le fruit d'un hasard. Tapissier puis contremaître, spécialisé dans les décors des galas il se voit confier en 78 la recherche d'archives pouvant illustrer le centenaire de la création de l'Opéra, que la SBM voulait célébrer par une exposition. "Heureusement, la plupart des services avaient conservé des documents les concernants. Puis tout le monde s'est pris au jeu...". C'est ainsi que s'exhument des placards maquettes, programmes et quelques 20.000 plaques de verre, ancêtres de nos négatifs, dont la plus ancienne est une vue du Casino datant de 1863. Des trésors au service desquels Daniel Aubry mit un sens tout professionnel de la minutie et une grande passion, rassemblant les pièces d'un puzzle géant qui retrace les petites et la grande histoire de Monte-Carlo. Lui-même est devenu une encyclopédie vivante. Souhaitez-vous savoir quand a pris fin la tradition du tir sur de vrais pigeons? "En 1960, sur ordre de la Princesse Grace". C'est ainsi qu'il renseigne et assiste des étudiants, des chercheurs, des particuliers qui toute l'année font appel à son service. Un travail de fourmi, qui achèvera sa mission fin mai à l'heure du départ vers la retraite. Ce moment pourrait être plus heureux si ne régnait l'incertitude sur le devenir de ses chères archives sur lesquelles personne n'est encore appelé à devoir veiller. Pour ne pas constater amèrement, comme Emile Boucher dans son poème "Peine Perdue": pourquoi tant de peine, pourquoi ce dur labeur, ce butin que je traîne, puisque le plus souvent, autant en emporte le vent!


 

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