Paco Rabanne

"Provocateur, moi ? "

On le savait créateur de talent, imprimant à la Haute-Couture le sceau d'une originalité sans égale. Trois livres* plus tard, on le découvre aussi écrivain et tout aussi dérangeant. Il rappelle, notamment, à travers l'étude des textes sacrés de toutes les religions les devoirs de l'homme et les dangers qui le menacent. Force est de constater que la démarche part d'un bon sentiment et que l'actualité nous donne déjà un avant goût de la sauce à laquelle nous serons peut-être mangés. Voyage express sidéral sous la conduite d'un hôte sidérant, et rira bien qui rira le dernier!

Monaco Actualité: Vous avez accepté d'être membre du jury des Grands Prix Magiques de Monaco, il y a-t-il une raison particulière?

Paco Rabane: Le plaisir. Je fais toujours les choses pour le plaisir. Je m'amuse! L'homme oublie trop souvent cette fonction essentielle qui est le plaisir.

M.A.: Après trois livres très..."spirituels", le prochain sera consacré à la mode...

P.R.: Je vais raconter 30 ans de mode, faire le point sur les faits, les méfaits et ... les effets d'un couturier.

M.A.: A la manière très controversée du film de Altman "Prêt à Porter"?

P.R.: Ce film est une co..... Tous les couturiers ne sont pas des pédés, les journalistes de mode des vampires ni les attachés de presse des hystériques. Ce n'est pas çà la mode.

M.A.: Vous n'avez pas voulu y participer?

P.R.: Je me doutais qu'il allait charger le tableau, le ridiculiser. Je me méfiais. Mes rencontres avec les gens se font à l'instinct et je ne "sentais" pas le personnage d'Altman.

M.A.: Vous êtes architecte de formation, pourquoi ne pas avoir poursuivit dans cette voie?

P.R.: Ma mère était première main chez Balenciaga. La mode était très présente à la maison, même si tout jeune je n'ai pas, comme Saint-Laurent, confectionné des robes pour les poupées de mes frangines. D'ailleurs elles n'en avaient que faire. Elles étaient hystériques et violentes. De vraies terreurs. Les poupées, c'étaient plutôt des bandages autour des doigts...

Je crois que c'est le destin. Pour gagner ma vie lorsque j'étais aux Beaux Arts j'ai fait quelques petits boulots dans le milieu . C'est là que j'ai réalisé, au début des années 60 que la mode avait un siècle de retard. J'ai eu envie de faire quelque chose. J'ai commencé par créer des robes en plastique, j'ai été le premier à mettre de le musique sur les shows, à faire défiler des filles noires... Cela a été un tel scandale! (rires) Provocateur, moi?

M.A.: A ce propos, vous avez déclaré avoir eu votre première "vision" très jeune.

P.R.: J'avais 7 ans. J'avais un problème physiologique: je n'arrivais pas à dormir. Une nuit, j'étais en train d'imaginer une technique pour arrêter le temps et soudain, je me suis trouvé projeté dans un tube d'argent, un espace lumineux.

M.A.: Quelle a été la réaction de votre entourage?

P.R.: Ma mère est marxiste, alors ce genre de choses... On m'a dit que j'avais trop d'imagination, puis qu'il fallait que je me taise, pour ma sécurité. Seule ma grand-mère m'a dit "c'est toi qui a reçu le don de la famille". Nous sommes Basques, descendants des anciens Atlantes, qui avaient les dons, soignaient par les plantes. Au début, je n'étais pas intéressé par la spiritualité. Je croyais que ce qui m'arrivais était normal, que tous mes copains étaient comme moi.

M.A.: Vous croyiez à la réincarnation, il est amusant de constater que tous ceux qui prétendent avoir retrouver leurs vies antérieures assurent souvent avoir été des grands personnages, rarement un pékin moyen.

P.R.: Mais il peut très bien y avoir 144.000 Cléopatre! C'est un... (il réfléchit). C'est un... Mais pourquoi m'efface-t-on ce mot?

M.A.: Qui "on"?

P.R.: (Montrant le Ciel). Lui. En fait c'est un conglomérat de forces et d'entités qui montent vers la divinité. Pour être Prince, Roi ou Président aujourd'hui, il faut avoir commis des crimes horribles dans le passé. Il faut mériter d'être un berger.

M.A.: Voilà qui va consoler les SDF! Dans votre ouvrage Le Temps Présent, vous regrettez qu'en injonctant les gens à "proliférer, proliférer", le Pape ne se soucie du péril mondial de la surpopulation.

P.R.: Ce Pape est la réincarnation de Kasfa, le grand-prêtre qui a condamné Jésus. C'est d'ailleurs pour cela qu'on lui a cassé la clavicule, puis le fémur, et ce n'est pas fini. Il est excessivement dangereux.

M.A.: Vous avez écrit "La Fin des Temps", rappelant les prophéties qui évoquent les convulsions du monde en cette fin de siècle. L'apocalypse est pour demain?

P.R.: La folie va prendre le monde. Toutes ces affaires, ces scandales éventés, tout ce qui arrive, cela fait 5000 ans que cela a été annoncé, voire 500 ans par Nostradamus auquel je consacrerai je crois, un prochain livre. Le royaume de Satan c'est ici, il n'y a pas d'autre enfer où bout de l'huile Lesieur dans laquelle on fait frire les âmes comme des merguez.

M.A.: "Je pleure Nice, Monaco, Pise, Gênes (...) qui seront couvertes de sang par l'étreinte des armes. La guerre, les tremblements de terre et la révolution causeront un malheur qui n'aura pas été voulu" prophétise Nostradamus. En attendant pire, faut-il s'enfuir au Canada où à l'île Maurice?

P.R.: Nulle part. "Deux dans un lit, l'un sera pris, l'autre restera; deux dans un champs, l'un sera pris, l'autre restera"...Les gens de vibrations basses et égotiques disparaîtront. Il ne faut pas fuir, mais ouvrir sa conscience.

M.A.: Ces propos, on les retrouve dans toutes ces sectes qui prospèrent à travers le monde.

P.R.:... "A la fin, sectes pullureront". Je dis toujours: "Loin des sectes immondes et gourous salauds!" Les gens n'ont besoin de personne pour faire acte de réflexion. Ils n'ont qu'à puiser dans les livres et regarder autour d'eux. Les plantes, les minéraux, les animaux sont en train de muter. Seul l'homme, le 4ème élément, ne bouge pas. "Ils auront des yeux pour voir et ne verront point, ils auront des oreilles pour entendre et n'entendront point."

M.A.: Vos impressions sur Monaco?

P.R.: Cela m'amuse! (pensif) Ce Rocher, c'est étrange. On dirait que tous les fracas du monde viennent s'y heurter, les lames s'y brisent. Il résume l'obsession des humains, la gloire, la possession, le sexe. Stress et paillettes.

M.A.: Les spécialistes apprécieront que l'on entre dans l'Ere du Verseau et que vous êtes vous même verseau. Rien à signaler?

P.R.: Lorsque je suis né, ma mère aurait souhaité m'appeler Ruben. Mon père a décrété "il s'appellera Francisco, comme moi !". Ruben, ce qu'ils ignoraient, était l'ange de Jerusalem, qui gardait la porte du Verseau... C'est ce qu'on appelle une caballe phonétique, les noms sont riches d'enseignements.

M.A.: En parlant de richesses, que faites vous des votre?

P.R.: Je donne tout aux oeuvres. Je n'ai rien, pas de propriété, pas de voiture. Ma société appartient à un autre et j'en suis le salarié. Avec un bon salaire! (rires)

M.A.: A vous écouter on a l'impression d'un second degré permanent...

P.R.: Je ne suis pas dupe de moi même. Je ne suis rien.

M.A.: Vous êtes convaincu de ce que vous avancez où y-a-t-il la place pour le moindre doute?

P.R.: Je n'ai aucun doute. J'ai la foi du charbonnier.

* Trajectoire ("d'une vie à l'autre") , La Fin des temps ("d'une Ere à l'autre"), Le Temps Présent ("Sur le chemin des Grands Initiés")


 

Copyright © Monaco Actualité

Pages par GALE FORCE de Monaco