Démons et merveilles

Le monde des sciences est plus que jamais celui de Dr. Jekyll et M. Hyde. Entre le gentil docteur et le savant fou notre coeur balance de l'admiration à l'épouvante. C'est un peu çà Imagina. Chaque année les cerveaux d'élite, camouflés sous une abondante chevelure et une panoplie grunge, y présentent les nouvelles brèches ouvertes sur la 4ème dimension. Des gouffres en fait, dont on n'a autant de mal à cerner la profondeur que ces fameux trous noirs que l'univers sait si bien garder secrets. On perçoit qu'à l'instar de Frankeinstein, le chercheur craint les débordements d'une créature qu'il devine incontrôlable. De multiples débats et tables rondes sont pourtant organisées pour tempérer les angoisses des uns et des autres même doucher les excès d'enthousiasmes. Il faut dire que sans la pose de garde fous, les voyages mentaux proposés par les cyberspécialistes s'effectueront non seulement hors des limites spacio- temporelles mais bien au delà de nos critères moraux et philosophiques. Une liberté insensée se profile avec l'infinité de combinaisons que seul peut proposer l'ordinateur.

A travers la réalité virtuelle, que l'on peut désormais rendre plus vraie et plus belle que nature, les êtres humains naîtront enfin égaux en rêve. Rencontrer Marilyn et même lui faire un petit, piloter un supersonique ou valser à la cour de Sissi, tout sera possible. Le cinéma s'est déjà emparé du filon. A en juger par le talent des T.Rex et autre raptors synthétisés, le syndicat des acteurs devrait songer à la parade. Car si les coûts de fabrication des images magiques suivent la déflation attendue, il en ira de même des caprices des stars et de leurs cachets. Malléable et corvéable à merci, le clone sera bientôt roi des castings. Quant à savoir qui s'en ira se prendre les pieds sur les marches du Palais des Festivals de Cannes, mirage. Multiplier les équations vertigineuses à l'infini à quelque chose d'exaltant, mais l'esprit s'y fatigue . Qu'il est bon alors de revenir sur terre. De laisser glisser sa main sur une fourrure soyeuse et soupirer d'aise en voyant se lever un regard empli d'adoration. En attendant l'amour virtuel de Richard Gere pour Bernadette Martin, profitons de celui donné au quotidien par son chien, le seul être au monde à nous avoir pour idole. A tort ou à raison, peu importe. Est-ce pour cela que nous sommes aussi nombreux à avoir besoin d'eux ? Peut-être aussi pour être simplement bien avec quelqu'un alors que les rapports aux autres sont si souvent conflictuels.

L'amour des bêtes est une jolie chose . Il est vérifiable que celui qui ne les aime pas n'aime pas les gens et inversement. L'exception qui confirme la règle est bien entendu Hitler qui adorait les bergers allemands. Mais nous ne traiterons ici que des amis de nos amis en laissant de côté, pour le moment, les mauvais coucheurs et les méchants. En attendant de s'occuper un jour de tous ces clonards qui ne manqueront pas d'abandonner leurs chiens au bord des autoroutes informatiques.


 

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