Des histoires toutes bêtes

Les animaux..négasques sont-ils aussi privilégiés que l'épaisseur du portefeuille de leurs 30000 amis le laisse supposer? Oui, si tant est que l'argent fait le bonheur. Mais là n'est pas la question...

Chiens et chats vivent apparemment dans ce minuscule Etat aux pelouses interdites une vie en béton, malgré lui. Grâce à une clémence que l'on imagine princière retenant le bras de la répression près à intervenir contre les pollueurs, mais qui n'hésite pas à fustiger les auteurs de mauvais traitements. Tant bien que mal, la quête d'équilibre se rapproche du point d'équité.

Une vraie vie de chien

Des immeubles, des beaux jardins fleuris de panneaux anti-pipi, même tenu en laisses, des caniveaux encombrés de Rolls Royce, elles mêmes délogées par des couloirs de bus: la Principauté ne déroule pas le tapis rouge pour ses hôtes à quatre pattes. Qu'à cela ne tienne, ils sont toujours plus nombreux. Le recensement effectué en 90 révèle la présence de 1960 chiens et 1295 chats. Respectivement 14% et 9% des "résidences principales" de Monaco abritent à demeure un petit compagnon. Si le chiffre est à la hausse, il est loin de celui atteint par la France qui détient le record d'Europe avec 55% des foyers "équipés". Plusieurs explications sont avancées: la mobilité des résidents et peut-être leurs nationalités. En effet, si les Irlandais par exemple représentent le peuple qui possède le plus de chiens, les Italiens, si présents on le sait en Principauté, font partie de la queue de peloton des pays amateurs de "pets". Peut-être parce que le mot "communication", si difficile à mettre en pratique dans certaines sociétés, s'échange facilement côté transalpin.

A quoi ressemble le couple maître-chien type monégasque? Moins mémère-chienchien qu'on pourrait le croire affirme le Dr. Patrick Weil, l'un des plus anciens praticiens de la place. "Un phénomène très important est en train de se produire, le nouveau créneau étant le cocooning, l'animal de compagnie apparaît de plus en plus auprès des jeunes célibataire ou des jeunes couples pour lesquels il représente souvent un lien, un substitut de l'enfant qu'il est difficile de se décider d'avoir". Le bobtail qui faisait fureur dans les années 80 a laissé la place au labrador et au huskie, star des 90' et, paraît-il, des croupiers du casino. 4X4 et chien de traîneau sur le siège composaient la base de la panoplie Jack London et certains amateurs s'étaient même réunis en une association informelle avec un point de chute dans le haut Var, cadre d'un retour vers la vie sauvage . L'épisode Huskie brûlerait cependant ses derniers feux, et un nouvel engouement s'affirme pour les Shi-Tsu et autres Cavaliers Kings Charles, chargés de différencier leurs maîtres des détenteurs de l'incontournable caniche, leader du marché. En matière de papiers le monégasque ne se la joue pas abbé Pierre et préfère l'origine contrôlée au SDF . "De l'ordre de 1 bâtard pour 10 chiens de race relève le Dr. Weil, alors que c'est l'inverse pour les chats". Il ne regarde pas à la dépense. Question beauté c'est l'amour vache, de celles qui se promènent sur les véritables colliers suisses, le nec-plus-ultra actuel. Avantage à cela, on ne lésine pas sur la santé et c'est bien le plus important. Les vaccins sont à jour ce qui minimise d'autant les risques de maladie et en cas de pépin grave, on ne rechigne pas non plus à accepter le coût des traitements les plus onéreux pour sauver son copain.

Le renaclement est plus manifeste dans le domaine de la propreté avec une discipline difficile à faire entrer dans les moeurs. Caniveaux dangereux, parcs inexistants, disparition des aires de terre autour des arbres contraignent les propriétaires à se baisser pour ramasser. Ce que certains se refusent à faire. L'arsenal répressif, si prompt à réagir pour les mauvais traitements est long à s'émouvoir des quelques emmerdeurs. D'ailleurs râler n'est pas jouer et en dehors de quelques points sensibles, tels que la rue Marie de Lorette sur le Rocher, les plaintes sont rares . "De l'ordre de deux ou trois dans l'année" annonce le Dr. Alexandre Bordero, vétérinaire vacataire à la Maire et responsable du service d'Hygiène. Pas de quoi fouetter un chat.

Rencontres du 3ème type

Monaco a ratifié toutes les conventions de protection des espèces, dont celle de Washington qui réglemente le commerce des animaux en voie de disparition. Circuits "légaux" ou parallèles alimentent pourtant les toquades et vraies passions d'amateurs envers les spécimens de faune sauvage. Plus d'une vingtaine de singes se dissimuleraient ainsi dans les buildings monégasques, sans compter les fouines, iguanes, poissons tropicaux (dont un piranhas au Formentor!). et autres tortues aquatiques en attendant l'invasion des serpents. Peur sur la ville? Sachons sang-froid garder entre ces rumeurs de pythons fugueurs affamés et la réalité. D'autant que la législation se durcit envers les excentriques potentiellement dangereux. La France exige pour la possession et l'élevage des espèces concernées le passage de certificats de capacités, agréés par la direction des services vétérinaires de la région avant de l'être par les Ministères de l'Environnement et de l'Agriculture. Un certificat également exigé des animaleries à qui l'on demande non seulement des garanties, mais aussi d'assurer conseils et service "après-vente". L'époque où l'on vendait un boa comme un croissant chaud est en passe d'être révolue, en tout cas à Monaco où le seul établissement concerné est fermé depuis plusieurs mois sans doute pour de bonnes raisons. "Nous éduquons ceux à qui nous vendons, quand nous acceptons de vendre ce qui est extrêmement rare" affirme Didier Logerot dans un sourire. Depuis vingt ans, ce Bourguignon installé à Beausoleil s'est pris de passion pour ce qui révulse la majorité d'entre nous. Abandonnant son métier de cuisinier, il se consacre aujourd'hui à la sculpture et aux serpents. Bénéficiant de toutes les autorisations requises, il recueille et élève de multiples espèces de reptiles. "C'est terrible à dire mais sans la captivité de nombreuses espèces auraient disparu". Et le roi n'est pas son cousin lorsqu'il évoque la présence rarissime de plusieurs boas occidentalis nés chez lui alors qu'ils sont en voie d'extinction dans leur Argentine d'origine pour cause de déforestation. Son expérience est aujourd'hui reconnue et derrière les vitrines qui ont colonisé les pièces de sa maison des dynasties s'élaborent à travers des groupes de reproducteurs savamment orchestrés. Ici des pythons albinos poursuivent leur adolescence dans une atmosphère tropicale. Ils témoignent de l'intérêt venu des USA pour les égarements de la génétique. Si dans la nature des "erreurs" aussi flagrantes causeraient leur perte, en captivité elles en font des stars. Une espèce de couleuvre américaine, l'Elaphe Guttata, dont on obtient artificiellement toutes les nuances du jaune au rouge, est en ce moment en vedette chez de nombreux jeunes monégasques, pour sa beauté et sa facilité de conservation. Car il faut savoir que cette fascination se paie de beaucoup de patience et quelques sacrifices. "Le pire trip, dit même l'un deux, c'est l'élevage des rats et souris qui servent à leur nourriture." Et sur le destin desquels versent-ils parfois une larme de crocodile?

Le pigeon de la farce

Il y a, on l'a souvent lu, des sujets sensibles en Principauté. Le pigeon en fait, parait-il, partie. Ami des villes il s'y développe et limiter sa prolifération ne se fait pas sans déchirements. "Le gros problème des pigeons, ce sont les gens qui les nourrissent", assure le Dr. Alexandre Bordero, responsable du service municipal d'hygiène. "Les rassemblements occasionnent des nuisances à cause des déjections". Les riverains se plaignent donc de la présence débordante de ces sympathiques volatiles. Limiter leur nombre est pourtant techniquement et médicalement possible. "La contraception s'effectue par la distribution de graines dosées en progestérone. L'ennui est que le kilo coûte cher et que l'effet est contrarié si l'animal est gavé d'autres aliments par leurs amis nourriciers". Reste l'emploi de moyens plus expéditifs. Attrapés à travers des nasses, les pigeons sont "stockés" dans la volière du Parc Princesse Antoinette ( où ils sont tout à fait bien nourris, affirme le Dr. Bordero...) puis "éloignés". Ce qui n'est pas un terme pudique pour décrire le passage de vie à trépas, mais détermine bien le voyage effectué vers certains coins du Var où sont procédés des lâchers. Car la Princesse Antoinette veille et en très passionnée présidente de la SPA de Monaco, s'est élevée contre l'emploi de méthodes plus définitives. Du type de celles préconisées par France Capture, auquel il a été rarement fait appel et qui procède par largage de filets sur les attroupements. Des spécialistes qui ne font d'ailleurs pas dans le sentiment mais dans le gazage de nos chers pigeons. Quoi de plus beau que le vol des étourneaux? Tout, dès l'instant que l'on se prend une fiente dans l'oeil. Contre ces milliers d'êtres qui chaque hiver shampouinent têtes, étoles et carrosseries la lutte est psychologique. Les services des jardins de la SBM et du SUC ont en effet investi dans "un cri du geai" relativement efficace qui ne soulève aucune protestation. La fin hémorragique de c'te maudit rat émeut - elle quelqu'un ici bas? Alors qu'il se manifeste car dans le combat qui l'oppose aux armées du bien tous les coups sont permis. Des appâts empoisonnés sont ainsi disséminés dans les égouts, les vallons et les copropriétés qui en font la demande. Leurs effets vomitifs et anticoagulants ne sont pas beaux à voir et d'ailleurs personne ne les voit. Avec le cafard et occasionnellement le moustique dont on a signalé une recrudescence du côté de Fontvieille, le service d'hygiène ne fait pas de cadeaux aux pas beaux . Nous ne sommes pourtant pas des sauvages?

Un royaume pour mon cheval

"C'est une passion d'enfance que j'ai mis entre parenthèses pendant plus de vingt ans."

Selon la légende, il fut un temps question de combler le port Hercule et de le repousser plus au large pour créer à la place un grand parc avec un champs de courses. Dans la même veine, on dit que la raison pour laquelle le Prince Albert 1er avait fait don du Musée Océanographique à la France était d'éviter que son fils Louis II, fou d'équitation, le transforme en Grandes Ecuries. Cheval et belle société ont toujours fait bon ménage. Au début du siècle, l'urbanisation légère permettait encore quelques galops sur le littoral. C'est ainsi que des concours hippiques, dont des concours complets, étaient organisés sur le Cap Martin pour l'aristocratie estivante. Depuis, les chevaux se réunissent sous le capot des grosses cylindrées et les amoureux du cheval vont vivre leur passion sous d'autres cieux. A l'instar de la Princesse Caroline, excellente cavalière, de nombreux résidents pratiquent l'équitation de manière régulière dans les clubs disséminés dans la région. "On estime leur nombre à plus de 250î, annonce Diane Sillari, présidente de la toute nouvelle Fédération d'Equitation de Monaco. Sa création a facilité l'organisation du premier Jumping de Monaco qui rassemblera fin avril les meilleurs cavaliers mondiaux. Un événement très attendu qui devrait devenir un des plus importants rendez-vous du calendrier monégasque et qui permettra peut-être aux cavaliers locaux de se découvrir à travers leur passion partagée. Décathlon Monaco en a déjà fait l'expérience. N'imaginant pas le potentiel d'amazones et de cow-boys que recelait la Principauté, il avait négligé l'ouverture d'un rayon équitation. Un oubli aujourd'hui réparé. Allez vite en parler à votre cheval!


 

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