A l'Affiche - Les canots ont la cote

La 5ème édition du Monaco Yacht Show a inauguré une première mondiale avec la vente aux enchères de canots de collection.

Cette vente était préparée depuis un an par le commissaire-priseur Jean-Pierre Osénat en collaboration avec la Galerie Park Palace. "Il est important de préserver ce patrimoine nautique, de le restaurer si nécessaire. Certaines personnes sont en possession de canots anciens et en ignorent la valeur." Mais comment distinguer un bateau de collection d'une épave? "Il doit être beau et en bois, conçu comme un objet luxueux. S'il a été réalisé à un petit nombre d'exemplaires, s'il a une histoire particulière ou a participé à des courses, alors il a de la valeur." Valeur qu'il reste à faire estimer par un expert.

Jusqu'à présent, le marché était inexistant. Cette première vente représentait une étape importante et a obtenu des résultats encourageants. La moitié des pièces présentées a été vendue. Les enchères sont montées à 400.000 francs pour un Super Aquarama, la plus basse atteignant tout de même 25.000 francs pour un You-You à moteur Bugatti datant de 1945. Le plus ancien bateau proposé , un canot à vapeur de 1907 a été adjugé à 180.000 francs. Par contre, des lots plus "médiatiques" ont été délaissés, à l'instar du Super Florida de Riva créé en 1963, ayant appartenu à Gilbert Becaud, ou du Chris-Craft double cockpit utilisé dans le film "Indiana Jones et la dernière croisade". Mais si le marché est appelé à se développer, comme le pressent Me Osénat "à travers la création de salons et de revues spécialisées, et la multiplication des ventes", quel est le profil des acheteurs potentiels? "Ce sont des collectionneurs de voitures, en majorité Français, Allemands ou Suisses". A qui il envisage de donner rendez-vous deux fois par an. A suivre...

Les objets de marine ont ils la côte?

Cette vente aux enchères était précédée d'une vente, plus classique, d'objets de marine. Sur la vingtaine de lots proposés, peu ont trouvé preneurs. Une maquette d'un vaisseau à deux rangs de canons, entièrement confectionné en os, a été adjugé à 48.000 francs. Un globe terrestre "compiled from the latest" de Malby & Sons n'a pas dépassé les 5000 francs. Les maquettes classiques ou dites "jouets", les objets scientifiques tels que les théodolites ou les octants, les dents de cachalot sculptées n'ont guère eu de succès malgrè la rareté de certaines pièces. Parmis elles, une défense incisée aux motifs d'une chasse à la baleine, une maquette jouet d'un canot automobile propulsé par machine à vapeur en état de marche ou encore un octant hollandais en laiton poli signé Hass à Amsterdam.

Les amateurs d'objets de marine existent pourtant mais hésitent, comme dans d'autres domaines depuis les années de "crise", aux surenchères dispendieuses. Les intéressés se contentent généralement de petits modèles de bateau d'ivoire marin n'excédant pas les 10.000 francs. Les transactions élevées sont rares et ont même tendance à disparaître. Il n'y a guère que dans les ventes aux enchères de grande importance que certains passionnés se laissent aller. Des maquettes navigantes construites entre 1920 et 1930 voient leur prix varier de 6000 à 40.000 francs. Elles sont en bois, articulées avec une correction du vent, un pont latté et une coque travaillée comme celle des yachts. Des sextants en laiton poli ou des théodolites peuvent atteindre 50.000 francs. Les "marines" tirent particulièrement leur épingle du jeu. Pour peu qu'elles soient signées Honoré Pellegrin, Haffner ou Adam, parmi les peintres les plus appréciés des collectionneurs, qui, s'ils ne sont pas forcément des marins avertis, sont toujours des amoureux de la mer. D'un prix souvent attractif, les objets de marine sont aussi une idée de cadeau originale.


 

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